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Les métiers qui recrutent en Suisse

Selon le Conseil fédéral, la santé et les métiers techniques sont les plus demandés. La vente, le secrétariat et les postes sans qualification se remplissent bien plus vite. Mais la vraie question n’est pas là : c’est ce que toi, tu sais faire.

Par , mis à jour le

Alex, infirmier, en interview avec Aymeric sur un canapé

Ce que disent les chiffres officiels

Le 22 avril 2026, le Conseil fédéral a publié un rapport sur la pénurie de main-d’œuvre. Il compare plusieurs études, dont le système d’indicateurs du SECO. Et elles disent à peu près la même chose.

Ce qu’on observe Quels métiers Étude
Les plus demandés Spécialistes de la santé, mathématiques, informatique, sciences, technique SECO 2023
Très demandés aussi Conducteurs de travaux et contremaîtres Adecco et Université de Zurich 2025
Offres qui restent longtemps ouvertes Construction, industrie, santé Kaiser et al. 2023
Postes qui se remplissent plus vite Vente, secrétariat, postes non qualifiés SECO 2023
Postes qui ferment vite Logistique, commerce de détail Kaiser et al. 2023
Chômage d’au moins 5 % Cuisiniers et agents d’entretien (5,3 %), professions élémentaires du bâtiment Liste 2026
Résultats pour toute la Suisse, repris du rapport du Conseil fédéral (avril 2026) et de la liste 2026 du DEFR.
  • 36 %des entreprises peinent à recruter du personnel qualifié (3e trimestre 2025)
  • 7 %pour du personnel sans formation après l’école obligatoire
  • 3,0 %de chômage en Suisse en septembre 2026

Lis bien l’écart entre 36 % et 7 %. La Suisse cherche des compétences, pas juste des bras. Et le pic est derrière nous : ces difficultés ont culminé en 2022 et 2023, puis elles ont baissé. Le rapport note aussi que, dans l’industrie, beaucoup d’entreprises manquaient surtout de commandes.

Ce que je vois, moi

Dans le soin, oui, ça recherche. On a accompagné beaucoup d’aides-soignants et d’infirmiers. Regarde les fiches infirmier et aide-soignant, parce qu’il faut souvent passer par la reconnaissance du diplôme.

« J'appelais presque tous les jours. »
Alex, 28 ans, infirmier

Même dans un secteur qui cherche, Alex a dû appeler son agence sans relâche le premier mois. Rien ne tombe tout seul.

La sécurité, je la trouve compliquée. Beaucoup de gens se disent qu’il y a de la demande, font trois semaines de formation et visent tous les mêmes entreprises à Genève. C’est ce qu’on voit chez ceux qui nous appellent, ce n’est pas une statistique.

Et regarde contre qui tu joues vraiment :

  • Postes de bureau tranquilles
    • Les Suisses et les résidents les veulent aussi
    • Tu es en concurrence avec tout le monde
    • C’est plus dur quand tu arrives de France
  • Bâtiment, restauration, soin
    • Ta concurrence, c’est surtout d’autres frontaliers
    • Horaires et conditions plus durs
    • Le salaire y est souvent plus bas

Certains métiers ont aussi leurs propres règles. En milieu carcéral, par exemple, je n’ai jamais vu de frontalier. Si tu butes depuis des mois, c’est peut-être que le poste demande un permis que tu n’as pas.

La vraie question : ton marché, c’est quoi ?

Si tu vends des parfums, ton marché, ce n’est pas le parfum. C’est la vente. Tu vises uniquement ce que tu connais déjà ? Tu te fermes des portes sans le savoir. Élargis.

Et si tu hésites entre deux métiers, demande au marché :

  1. Compte les offres de chaque métier sur les sites d’emploi, dans les cantons que tu vises.
  2. Garde celui où il y a de la demande et qui te plaît. Sinon, tu ne tiendras pas.
  3. Fais un dossier adapté à ce métier-là.
  4. Donne tout pendant un ou deux mois, en ligne, au téléphone, sur place si ça s’y prête.
  5. Rien du tout après ça, et tu as vraiment envoyé ? Change de cible et refais un dossier.

Pense aussi à la saison. Restauration et hôtellerie cherchent avant l’été et avant l’hiver. Si c’est ton cas, lis ma page sur le travail saisonnier.

Le soin, un secteur qui cherche

Les questions qu’on me pose

La sécurité, ça recrute ?

Ça recrute, mais il y a énormément de candidats, et ils visent tous les mêmes entreprises à Genève. C’est ce qu’on voit chez ceux qui nous contactent. Élargis ta cible : événementiel, sites, autres cantons. Lis aussi la fiche agent de sécurité.

Je peux me former pour un métier en pénurie, et partir ?

Tu arriveras face à des gens qui ont déjà l’expérience et les références. Je te déconseille de le faire juste par opportunité, et encore plus de le faire en même temps que ton départ.

Ces chiffres valent pour Genève ?

Non, ils portent sur toute la Suisse. Pour ton canton et ton métier, regarde le nombre d’offres sur les sites d’emploi. C’est le meilleur test gratuit.

Un métier sur la liste de l’obligation d’annonce, c’est mauvais signe ?

Ça veut dire que le chômage y atteint au moins 5 % en moyenne en Suisse. Il y a donc du monde sur le marché. Ce n’est pas interdit d’y aller, mais il faudra te démarquer.

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