Aller au contenu

Travailler en Suisse, ça vaut encore le coup ?

Ça dépend de ce que tu apportes et de ce que tu as de côté. Avec un vrai métier et de l’argent d’avance, oui, pour moi ça vaut encore le coup. Sans métier et sans argent, tu risques de repartir avec moins que ce que tu avais en arrivant.

Par , mis à jour le

Mariama en interview

Ma réponse, sans emballage

Je n’ai pas de doute sur une chose : pour un salarié, la Suisse reste pour moi un des meilleurs pays. J’en ai visité une quinzaine en 2025 et je le maintiens. Par contre, tout le monde ne peut pas y rentrer, et tout le monde ne peut pas y rester.

  • Pour qui ça vaut le coup
    • Un électricien, un boulanger, une infirmière, avec de l'expérience
    • Celui qui a de l'argent de côté pour tenir plusieurs mois
    • Celui qui veut de la sécurité et un pays où se projeter
    • Celui qui se sert du salaire comme tremplin pour un projet précis
  • Pour qui c'est risqué
    • Un CV avec tout et n'importe quoi, sans ligne claire
    • Une reconversion complète : fais-la d'abord dans ton pays
    • Celui qui arrive sans argent et compte sur le premier salaire
    • Celui qui supporte mal la solitude

Si tu n’as pas de compétence particulière, tu vises les boulots les plus faciles. Et c’est là qu’il y a le plus de monde. N’importe qui peut apprendre un poste de caisse, donc tu es remplaçable tout de suite. Je les vois à la frontière : des petites missions, du CDD, quelques nuits dans la voiture, et demi-tour au bout de six mois. Pour deux qui réussissent et qu’on entend, j’ai l’impression qu’il y en a beaucoup plus qu’on n’entend pas. Ce n’est pas une statistique, c’est ce que je vois.

Moi-même, à mon arrivée, on m’a proposé une colocation à 18 personnes pour 350 € par mois. C’était sale. Il y avait du monde dedans.

Ce que les gens découvrent une fois là-bas

  • La solitude. Beaucoup font demi-tour pour ça. Mariama le dit : quand tu sors du travail fatiguée, tu n’as pas l’énergie de te faire des amis.
  • L’hiver. Ça a l’air bête. Elle parle d’une période presque dépressive.
  • Les dépenses qui suivent le salaire. Tu gagnes plus, tu dépenses plus, et à la fin tu n’as rien de plus.
  • L’emploi qui n’est jamais acquis. Ton entreprise peut te remplacer vite si tu n’apportes pas assez.
« J'avais pas de logement, j'avais rien. »
Ryan, soudeur en hauteur (bâtiment, intérim puis chef d’équipe)

Ryan a passé deux nuits dans sa voiture à l’arrivée. Il s’en est sorti, et il conseille d’arriver avec environ 10 000 € de côté. Héloïse, elle, a failli perdre son permis à cause d’une colocation où on ne l’avait pas déclarée.

Et il y a ceux qui font le calcul et qui doutent. Un électricien à Genève m’a écrit qu’à 3 400 € pour 40 heures, avec toutes les dépenses, il ne voyait pas là le rêve. Je ne vais pas lui dire qu’il a tort : j’ai mis son calcul à plat ici.

Ceux qui se plaignent et qui restent

Un abonné m’a écrit qu’il travaille en Suisse depuis cinq ans, qu’il gagne 7 000 par mois contre 2 200 en France pour le même boulot, que c’est dur, que la vie coûte cher. Et à la fin, il dit que pour rien au monde il ne rentrerait.

Je le reçois souvent, ce message. Ce sont ses chiffres, pas une moyenne. Et ce qu’il dit est juste : il y a des côtés positifs et des côtés négatifs, partout.

Ce qu’il y a à gagner, à part l’argent

Tu y vas souvent pour l’argent. Moi le premier, et je ne m’en cache pas. Mais si tu veux durer, il faut aimer le pays, sa mentalité, ses règles. Sinon, ça ne tient pas.

Ce que les gens me citent : la sécurité au quotidien, un pays stable, l’impression qu’on peut se projeter. Regarde le coût réel à la frontière ou sur place avant de te décider, et n’oublie pas ce qu’il faut de côté.

Le test en trois questions

  1. Qu’est-ce que tu vas apporter au marché suisse ? Si tu ne sais pas répondre en une phrase, commence par là.
  2. Combien de mois peux-tu tenir sans salaire ? Le pire des cas, c’est que tu ne trouves rien et que tu rentres avec zéro.
  3. Tu veux quoi dans trois ans ? Une carrière, une famille, un projet à financer ? Sans réponse, tu auras du mal à tenir quand les refus arrivent.

Si tu veux une réponse honnête sur ton profil, passe par le score d’employabilité. Et lis aussi la page sur le marché saturé : à fin septembre 2026, le SECO compte 3,0 % de chômage et 5,4 % de chômeurs de plus qu’un an plus tôt.

Trois parcours loin de la carte postale

  • Parcours

    Mariama, en interview

    Mariama, 23 ans

    Employée de restauration et agente de nettoyage · Lausanne

  • Parcours

    Héloïse, en interview

    Héloïse, 27 ans

    Employée de restauration en hôtel 4 étoiles · Vaud (Riviera), puis Fribourg

  • Parcours

    Ryan, en interview

    Ryan

    Soudeur en hauteur (bâtiment, intérim puis chef d’équipe) · Genève

Les questions qu’on me pose

Est-ce que ça vaut vraiment le coup d’être frontalier ?

Sur le court terme, souvent oui : tu gagnes en francs et tu vis côté français. Sur le long terme, c’est moins évident, et les trajets pèsent. Je compare les deux sur la page frontalier ou résident.

Je n’ai pas de diplôme, ça vaut le coup quand même ?

Moi, je l’ai fait sans grand diplôme. Mais il faut quelque chose à vendre : un savoir-faire, de la persévérance, une façon de te présenter. Un bon serveur a de la valeur, même sans bac. Quelqu’un qui a fait dix métiers en un an, beaucoup moins.

Et si je me fais virer ?

En Suisse, ça peut aller vite. C’est pour ça qu’il faut garder de l’argent de côté et monter en compétences pour ne pas rester remplaçable. Vérifie aussi tes droits au chômage selon ton statut.

Combien de gens repartent ?

Je n’ai pas de chiffre officiel à te donner. Ce que je vois sur le terrain, c’est que beaucoup repartent au bout de six mois à un an, à cause de l’argent, de la solitude ou d’un métier qui ne correspondait pas.

À lire aussi

Tu veux qu'on regarde ton projet ensemble ?

L'appel est gratuit. Dans le pire des cas, tu repars avec une stratégie. Dans le meilleur, on t'accompagne.

Réserver mon appel gratuitVoir les parcours

Mes sources

Les règles bougent. Vérifie toujours auprès de ces sources.