Le marché suisse est-il saturé ?
Il n’est pas fermé, mais il se durcit. Le chômage monte, et les postes faciles à pourvoir sont pris d’assaut. Ce qui bloque le plus souvent, ce n’est pas le pays, c’est ce que tu proposes face à ceux qui postulent en même temps que toi.
Par Aymeric MB, mis à jour le

Ce que disent les chiffres
Avant de croire les commentaires, regarde les données.
- 140 480chômeurs inscrits en septembre 2026
- 3,0 %taux de chômage (3,1 % corrigé des saisons)
- 44 199postes vacants annoncés aux ORP
- 414 262frontaliers à fin juin 2026, +1,3 % en un an
| Indicateur | Avant | Dernier chiffre |
|---|---|---|
| Chômeurs inscrits, sur un an | 133 233 | 140 480, soit +5,4 % |
| Postes vacants aux ORP, sur un an | 37 372 | 44 199, soit +18,3 % |
| Chômage au sens du BIT, Suisse, 2e trimestre | 4,6 % | 4,9 % |
Donc les deux choses sont vraies en même temps. Il y a plus de chômeurs. Et il y a plus de postes annoncés, avec 5,406 millions de personnes en emploi, soit 0,8 % de plus en un an. Le marché n’est pas mort, il est plus exigeant. Le chiffre des postes vacants ne dit pas si ces postes te sont accessibles : beaucoup demandent une qualification précise.
Et ces chiffres sont nationaux : à toi de demander au marché, métier par métier.
Où c’est vraiment saturé
Les boulots les plus faciles sont les plus durs à décrocher. C’est logique : tout le monde peut postuler. Un poste de caisse à Genève, tu n’es pas seul à le vouloir. Et si tu as dix métiers différents sur ton CV, le recruteur ne sait pas où te mettre.
Le diplôme ne suffit pas non plus. Emeric, bac+5 en finance, a tenté Zurich, Lausanne et Genève en sortant d’école. Douze refus. Il dit que pour un poste de junior, les entreprises pouvaient prendre quelqu’un de plus expérimenté.

« J'ai été refoulé de partout avec un bac+5 pour un poste de junior. »
Il est parti se faire de l’expérience au Luxembourg, et il est revenu quelques années plus tard avec plusieurs offres. Je raconte ça dans Suisse ou Luxembourg.
Les trois façons d’entrer plus facilement
- Le piston. Quelqu’un te fait entrer. Ça marche partout, mais tout le monde ne l’a pas.
- La chance. Tu passes au bon moment, ils cherchent quelqu’un ce jour-là. Ne compte pas dessus : moi, ça a failli marcher les deux premiers jours, et ils ont pris un autre candidat.
- Une différence sur le marché. Une compétence qui a de la valeur, ou une façon de postuler que les autres n’ont pas. C’est la seule qui dépend de toi.
Une compétence, ce n’est pas forcément un bac+5. Un très bon maçon, un très bon électricien, un très bon serveur, ça a de la valeur. La question reste la même : qu’est-ce que tu vas apporter au marché suisse ?
Les refus qui ne parlent pas de toi
Certaines annonces sont déjà pourvues en interne. On te fait patienter, tu n’as jamais de réponse, et tu te remets en question alors que tu correspondais au poste. Je l’ai vu plus d’une fois. Ce n’est pas une raison pour arrêter de chercher. Et certains secteurs comme la restauration ou le bâtiment ont des périodes creuses : ne juge pas ton dossier sur un seul mois.
Ce que je ferais à ta place
- Élargis ta zone. Il y a d’autres villes que Genève.
- Élargis ton métier. Un vendeur de parfum est vendeur avant tout : il peut vendre autre chose.
- Refais ton CV au format suisse, et prépare chaque entretien.
- Regarde les métiers qui recrutent, sans te mentir sur ton niveau.
- Mesure : combien d’envois, combien d’entretiens. Sans entretien après deux mois, change quelque chose.
Si tu n’as aucune réponse et que tu ne comprends pas pourquoi, l’accompagnement sert précisément à ça.
Ce que ça donne sur le terrain
Parcours

Alex, 28 ans
Infirmier · Genève
Parcours

Julien et Marie
Réceptionniste d’hôtel (Julien) ; Marie en recherche · Genève
Parcours

Tania, 33 ans
Aide-soignante · Genève
2 800 CHF net
Les questions qu’on me pose
C’est devenu impossible de trouver du travail en Suisse ?
Non. Le titre de ma vidéo est volontairement fort. Il y a toujours des postes, et l’emploi continue d’augmenter selon l’OFS. Par contre, c’est plus dur, surtout sans expérience, et il faut s’attendre à des mois de recherche.
Les frontaliers prennent le travail des Suisses ?
C’est un vrai débat là-bas, et je comprends que ça inquiète. Je le traite sur la page Suisses et frontaliers. Ce que je vois, c’est que les employeurs cherchent d’abord une compétence et une rentabilité.
J’ai envoyé des dizaines de CV sans réponse, je fais quoi ?
Commence par changer ce que tu envoies et à qui. CV au format suisse, canton élargi, métiers proches, déplacement sur place si ton secteur s’y prête. Si tu n’as aucun entretien après deux mois dans un secteur, change de stratégie.
Combien de temps ça prend ?
J’ai vu des gens sans diplôme trouver en une semaine, et d’autres mettre six mois ou un an. Il n’y a pas de délai garanti. Prévois ton budget en conséquence.
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