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Réussir ton entretien d’embauche en Suisse

Les questions ressemblent à celles de la France, mais on attend plus de toi. Prépare cet entretien comme un examen, parce qu’il peut changer ta vie. Et une recruteuse suisse le dit : la première opinion se fait dès les premières secondes, ou dans les premières minutes.

Par , mis à jour le

Portrait d’Aymeric, casquette et chemise bleue

  • 1 à 3entretiens selon le métier et l'entreprise
  • 24 hpour envoyer ton mail de remerciement
  • 3 à 7 joursaprès la date annoncée, tu peux relancer

Ce sont mes repères, pas des règles. Chez Jean, deux entretiens ont suffi. Ailleurs, le processus est plus long, et il faut l’accepter.

Avant : prépare-le comme un examen

Beaucoup décrochent un entretien et ne préparent rien. Tu ne viendrais pas à un examen sans avoir ouvert le livre.

  • L’entreprise. Ses objectifs, depuis quand elle existe, qui sont les responsables. Ils doivent sentir que tu les as choisis, pas que tu vagabondes d’une boîte à l’autre.
  • Le poste. Relis l’annonce et ton CV. Renseigne-toi sur les outils et les normes qu’elle cite.
  • Tes réponses, à voix haute. Une chaise en face de toi, un proche qui pose les questions, et tu répètes.
« Prépare vraiment l’entretien : fais des exercices avec ta famille, avec des copains. »
Rudy, 44 ans, responsable de magasin (manager dans une structure de cbd)

Le jour J

Sur un de mes entretiens, j’étais mal coiffé et en t-shirt. Erreur. L’habit fait le moine, on ne va pas se mentir. Pas besoin de costume de luxe : propre, sobre, adapté au métier.

  • Ce qui joue pour toi
    • Une tenue propre et repassée
    • Une présentation liée au poste, du plus récent au plus ancien
    • Des faits : ce que tu as fait, avec quels résultats
    • L'envie de travailler, qui se voit
    • Si tu es en retard : tu t'excuses, sans te justifier pendant dix minutes
  • Ce qui joue contre toi
    • Le t-shirt taché, les bagues à tous les doigts
    • Se plaindre dès l'arrivée, même du parking
    • Se vanter : ça se voit, et on te teste
    • Dire « anglais courant » quand il est scolaire
    • « Je veux travailler en Suisse », au lieu de « je veux travailler chez vous »

« Sois toi-même » ? Ça dépend. Si être toi-même, c’est savoir discuter et mettre en avant tes qualités, parfait. Si c’est dire « tu as vu » toutes les trois phrases, arrondis les angles. Et ne te rabaisse pas : la personne en face a aussi ses galères.

« Je me suis senti vraiment à l’aise […] c’était vraiment un échange. »
Matthieu, 32 ans, conseiller en investissement (finance et immobilier)

Les questions qu’on va te poser

On te demande Ce qu’on veut savoir Comment répondre
Présentez-vous Ton lien avec le poste Pas « j’aime les chats ». Ton parcours, puis ce que tu apportes
Vos qualités ? Si tu colles au métier Cible. Sécurité : sérieux, observateur. Comptabilité : à l’aise avec les chiffres
Vos défauts ? Ta lucidité Un défaut vrai et sans gravité : trop méticuleux, ça te prend parfois plus de temps. Jamais « souvent en retard »
Où vous voyez-vous dans quelques années ? Si tu vas rester Un projet dans ce métier, chez eux si c’est sincère
Pourquoi nous ? Si tu les as choisis Ce que tu as appris sur eux et ce qui t’intéresse
Où habitez-vous ? Si tu seras là La vérité et ton plan, avec une date. Voir l’adresse sur le CV
Vos attentes salariales ? Si tu connais le marché Une fourchette. Voir plus bas
Questions tirées de ma vidéo et de mes conseils en short. Adapte les exemples à ton métier.

Les questions que toi, tu poses

« Non, c’est bon, je n’ai pas de questions » : c’est la pire erreur. Tu passes pour quelqu’un de passif. Garde au moins deux de celles-ci.

  • Pourriez-vous me décrire une journée type dans ce poste ?
  • Quels sont les plus gros défis que je vais rencontrer au quotidien ?
  • Selon vous, quelles compétences comptent le plus pour réussir ici ?
  • Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans ma candidature ?
  • Avez-vous encore des hésitations que je pourrais clarifier maintenant ?

Le salaire : comment négocier

Quand tu arrives de l’étranger, il y a des chances qu’on te propose plus bas. Quelqu’un qui ne connaît pas les salaires du secteur peut dire oui à trop peu. Voilà l’ordre à suivre.

  1. Renseigne-toi avant. Regarde jobs.ch, rubrique salaires, la convention collective de ton métier, et Salarium, le calculateur de l’Office fédéral de la statistique. Il donne une estimation, pas une recommandation. Pour te situer, lis aussi le salaire moyen.
  2. Vérifie le plancher. À Genève, le salaire minimum est de 24,59 CHF bruts de l’heure en 2026, soit environ 4 475 CHF bruts par mois pour 42 h par semaine (mon calcul).
  3. Demande le poste complet. Les responsabilités et les avantages, avant de donner un chiffre précis.
  4. Donne une fourchette en brut. Précise si c’est sur 12 ou 13 mois, et calcule ton net avant de dire oui.
  5. Justifie par ce que tu apportes. Tes résultats et tes compétences, pas ton loyer.

Une formulation qui marche, à toi de mettre tes chiffres :

Je reste flexible selon la grille habituelle pour ce poste. Avec mon expérience, j’espère une fourchette de X à Y francs bruts.

  • Tu as de la marge
    • Dans le privé
    • Si ton profil est recherché
    • Si tu peux montrer des résultats
    • Sur les à-côtés : primes, frais, téléphone, parfois voiture ou logement
  • Tu en as peu
    • Dans le public, où des grilles fixent les salaires
    • Sur un premier poste en Suisse, sans expérience locale
    • Quand tu as besoin de ce poste pour démarrer

Sur un premier emploi, je te déconseille de négocier pour négocier, sauf si l’offre est clairement trop basse. Tu pourras viser plus haut au poste d’après.

Après l’entretien

  1. Dans les 24 heures, envoie un mail court : merci, un point précis de l’échange, ta motivation.
  2. Si la date annoncée passe sans réponse, ne panique pas. Ça ne veut pas forcément dire non.
  3. Relance poliment, par mail ou par téléphone. Le recruteur n’a peut-être pas fini sa sélection, et il verra que tu as envie.

Parfois, tu ne sauras jamais pourquoi. Il arrive que le poste soit déjà pris en interne, et que l’entreprise te fasse patienter. Je l’ai vu plus d’une fois. Ne remets pas tout en question pour autant, et continue de candidater.

Si tu veux t’entraîner avec quelqu’un qui recrute en Suisse, c’est une partie de l’accompagnement.

Ils racontent leur entretien

Les questions qu’on me pose

On m’a refusé parce que je n’ai pas de logement à la frontière. Je dois mentir ?

Non. Ton contrat, ton permis et ton logement finiront par montrer la réalité. Dis sur quelle ville tu es disponible et à partir de quand, et prépare un logement temporaire pour que ce soit vrai. L’employeur veut surtout savoir que tu seras là.

Une journée d’essai après l’entretien, c’est bon signe ?

Oui, c’est bon signe, mais ce n’est pas une promesse. Héloïse devait faire une journée de test en boutique, Tanguy a passé des tests pour la sécurité. Demande à l’avance la durée, la tenue, et si c’est payé : Héloïse précise que ça ne l’est pas forcément.

Je peux faire l’entretien en visio depuis la France ?

Ça arrive. Jean, aide-soignant avec 15 ans de métier, a passé ses entretiens en visio sans se déplacer. Ce n’est pas valable partout : dans certains secteurs, être sur place reste un plus. Prépare la visio comme un rendez-vous réel, tenue comprise.

On me demande mon salaire actuel. Je dois répondre ?

Le préposé fédéral à la protection des données range les questions sur le revenu parmi celles admises seulement pour des raisons particulières. Tu peux répondre par ta fourchette pour le poste, sans avoir à te justifier.

Je n’ai pas de nouvelles depuis une semaine. J’appelle ?

Oui. Moi, j’ai déjà appelé trop tard pour un poste. Laisse passer quelques jours après la date annoncée, puis rappelle, poliment, en semaine et aux heures de bureau. Ça montre que tu en veux.

Tu veux qu'on regarde ton projet ensemble ?

L'appel est gratuit. Dans le pire des cas, tu repars avec une stratégie. Dans le meilleur, on t'accompagne.

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Mes sources

Les règles bougent. Vérifie toujours auprès de ces sources.