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Travailler en Suisse après 50 ans

Je ne vais pas te mentir : à 50 ans passés, c’est plus compliqué. L’âge a un coût réel pour l’employeur, et tu ne peux pas arriver avec un parcours flou. Mais ce n’est pas fermé : j’ai lu des témoignages de gens partis à 50 et même à 62 ans.

Par , mis à jour le

Steve, 51 ans, membre de l’équipe d’Aymeric, en interview

Pourquoi c’est plus dur

Ce n’est pas qu’une question de préjugés. Il y a un coût réel. En Suisse, le minimum légal du 2e pilier monte avec l’âge, et l’employeur en paie au moins la moitié.

Ton âge Taux légal minimum
25 à 34 ans 7 %
35 à 44 ans 10 %
45 à 54 ans 15 %
55 à 65 ans 18 %
Bonifications de vieillesse minimales, en % du salaire coordonné. Article 16 de la LPP. Les caisses peuvent prévoir d'autres taux au-delà du minimum.

Donc à compétences égales, tu coûtes plus cher qu’un candidat de 30 ans. Pour qu’on te choisisse, il faut que tu rapportes plus. Pas besoin de le prendre mal : demande-toi juste ce que tu ferais à la place de l’employeur.

  • 2,6 %de chômage inscrit chez les 50-64 ans, septembre 2026, SECO
  • 3,0 %tous âges confondus, même mois, SECO

Attention à ces chiffres : ils parlent de gens déjà sur le marché suisse, pas de ceux qui arrivent de l’extérieur. Ils ne disent donc pas que ce sera facile pour toi.

Ce que dit Steve, 51 ans

Steve travaille dans mon équipe. Il est arrivé en Suisse à 41 ans et il y est depuis dix ans. Quand je lui ai demandé s’il déconseillait la Suisse après 50 ans, voilà sa réponse.

« Ça dépend du métier. »
Steve, 51 ans, commercial (dans l’équipe)
  • Ce qui peut passer
    • Une vraie spécialité, rare ou recherchée.
    • Le conseil, où l'expertise compte plus que l'âge.
    • Les métiers où tu peux former des plus jeunes.
    • Un parcours stable, qu'on peut vérifier.
  • Ce qui bloque
    • Le profil couteau suisse : tu sembles instable.
    • Une suite de petites missions sans fil rouge.
    • Les métiers très physiques.
    • Un parcours sans évolution, sans explication.

Ils l’ont fait, et ils l’écrivent

Ce sont deux commentaires publics laissés sous mes vidéos. Je ne connais pas leur dossier et je ne peux pas vérifier le détail. Mais ça existe.

« 62 ans et j’ai trouvé du travail près de Lausanne, 5000 FR par mois. Tout est possible si tu es compétent et persévérant, allez courage. Merci Aymeric. »

@slk590, commentaire public. Il ne dit pas si c’est du brut ou du net.

« Moi aussi avec mon enfant et ma femme on est parti et après quelques mois j’ai réussi à changer notre vie en sachant que j’avais 50 ans quand on est arrivé et je l’ai fait […] »

@raynaldpita8501, commentaire public.

Et il y a mon père, dans le bâtiment, parti à 49 ans. Ce n’est pas un client, c’est ma famille, et je l’ai aidé. Je ne te dis pas que ce sera pareil pour toi : il a un métier physique, et il le dit lui-même, c’est dur.

« Comme quoi même à quasi 50 ans rien n'est impossible. »
49 ans, foreur dans le bâtiment et entraîneur de football féminin (famille d’Aymeric)

Ce que je ferais à ta place

  1. Résume ton métier en une phrase. Si tu n’y arrives pas, l’employeur non plus.
  2. Refais ton CV autour de ta spécialité, avec des résultats chiffrés et des références qui répondent au téléphone.
  3. Vends ta maturité : tu sais pourquoi tu es là, tu n’es pas impulsif, tu cherches de la stabilité.
  4. Montre que tu veux encore progresser. Ici, ne pas évoluer, ça pose question.
  5. Vérifie que ton secteur recrute vraiment, et pas seulement à Genève.
  6. Calcule ton budget, plus large que la moyenne. Garde ton poste jusqu’à la signature.

Des parcours après 40 ans

  • Équipe

    Steve, en interview

    Steve, 51 ans

    Commercial · Lausanne, Yverdon, La Chaux-de-Fonds

  • Parcours

    Rudy, en interview

    Rudy, 44 ans

    Responsable de magasin (manager dans une structure de CBD)

  • Parcours

    Anissa, en interview

    Anissa, 43 ans

    Technicienne en industrie pharmaceutique (pharma-cosmétique)

Les questions qu’on me pose

À 55 ans, je peux encore être embauché en Suisse ?

Oui, ça arrive, mais il faut une compétence que l’entreprise cherche vraiment. Steve dit que ça dépend du métier. On ne demandera pas à quelqu’un de 60 ans d’être maçon, mais un consultant ou un horloger très spécialisé peut encore intéresser.

Combien de temps va durer ma recherche ?

Je n’ai pas de chiffre sérieux pour les plus de 50 ans. Compte plus long qu’à 40 ans, et prévois un budget large. Garde ton travail en France tant que tu n’as pas signé.

Le 2e pilier, c’est un frein partout ?

Pas forcément au même niveau. La loi fixe un minimum par âge, mais les caisses et les branches ont leurs règles. Dans l’hôtellerie-restauration, la CCNT prévoit un taux minimum de 14 % dès le 1er janvier qui suit les 24 ans.

Et ma retraite française dans tout ça ?

C’est un sujet à part, qui dépend de ta carrière et de ton statut. Avant de partir, demande un relevé de tes droits, et lis ma page sur la retraite des frontaliers.

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